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OVDA-LUALABA : 420 KILOMÈTRES DE ROUTES EN LIGNE DE MIRE POUR DÉSENCLAVER LES BASSINS AGRICOLES

L’ingénieur MAKASA MUTANGA Taty-Ruben mise sur l’expertise technique, l’entretien du réseau rural et les partenariats institutionnels pour faire des voies de desserte agricole un levier du développement économique provincial.

LUALABA-

Au-delà des grands axes routiers, le développement économique du Lualaba se joue également sur les routes qui relient les villages agricoles aux centres de consommation.

SE Grégoire MUTSHAIL MUTOMB
Ministre d’état, Ministre du Développement rural

Dans cette dynamique, l’Office des Voies de Desserte Agricole (OVDA) entend consolider son rôle dans le désenclavement des milieux ruraux, l’amélioration de l’évacuation des récoltes et le développement des infrastructures de proximité.

LE DG ET LE PCA DE L’OVDA

Le directeur provinciale MAKASA MUTANGA TATY-RUBEN, De l’OVDA lualaba.

À la tête de sa direction provinciale, l’ingénieur MAKASA MUTANGA Taty-Ruben affiche une ambition claire : renforcer l’entretien des routes agricoles, mobiliser les partenaires et porter à environ 420 kilomètres le linéaire à entretenir dans les perspectives annoncées pour 2026-2027, sous réserve des financements attendus.

Un établissement public au service du monde rural

Dans une province où l’activité minière occupe une place majeure, le développement des activités agricoles constitue également un enjeu économique et social important.

Mais produire ne suffit pas : encore faut-il pouvoir transporter les récoltes dans des conditions acceptables et accéder aux marchés.

C’est précisément à ce niveau qu’intervient l’OVDA. Établissement public à caractère technique, doté de la personnalité juridique et jouissant d’une autonomie financière et de gestion, il a pour mission principale de désenclaver les milieux ruraux et de faciliter l’évacuation des produits agricoles.

Son évolution institutionnelle remonte à 1987, avec la création du Service national des routes de desserte agricole (SNRDA). En 1998, cette structure devient la Direction des Voies de Desserte Agricole (DVDA), avant de connaître une nouvelle évolution en 2020, avec la création de l’OVDA par le décret n° 20/008 du 1er avril 2020.

Cette évolution traduit la volonté de renforcer le cadre institutionnel d’intervention dans un secteur essentiel à la connexion entre les zones de production et les marchés.

MAKASA MUTANGA Taty-Ruben, un parcours ancré dans la pratique

À la direction provinciale du Lualaba, l’ingénieur MAKASA MUTANGA Taty-Ruben met en avant une expérience professionnelle acquise progressivement sur le terrain.

Entré à la DVDA en 2003 comme agent qualifié et chef d’équipe dans les travaux de cantonnage manuel, il évolue en 2005 vers les fonctions de chef de chantier, après une formation complémentaire. En 2012, à la suite de ses études en constructions industrielles et en bâtiment, il accède aux fonctions d’agent de maîtrise et de chef de brigade dans le district du Lualaba.

Sa nomination comme directeur provincial intervient en janvier 2021, dans le contexte de la réorganisation administrative consécutive au démembrement de l’ancienne province du Katanga et à la transformation de la DVDA en OVDA.

Ce parcours, marqué par plusieurs niveaux de responsabilité technique, constitue un atout pour une institution dont les missions exigent une bonne connaissance des réalités du terrain, des méthodes d’entretien routier et des besoins des communautés rurales.

Une compétence complémentaire dans le paysage routier congolais

Le réseau routier national repose sur une répartition des responsabilités entre plusieurs organismes publics.

L’Office des Routes intervient notamment sur les routes nationales et provinciales relevant de ses attributions.

L’Office des Voiries et Drainage est chargé des voiries urbaines relevant de sa compétence. L’OVDA, pour sa part, intervient sur les routes d’intérêt local relevant de ses missions, particulièrement celles qui facilitent l’accès aux bassins de production agricole.

Cette complémentarité est déterminante. Une route agricole n’a pas seulement vocation à desservir un village : elle permet également de relier les producteurs aux axes principaux, aux marchés et aux infrastructures socio-économiques.

Au Lualaba, l’efficacité de cette chaîne dépend donc autant de l’entretien des pistes rurales que de leur connexion avec les autres catégories de routes.

Des axes routiers inscrits dans les programmes d’entretien

Dans le cadre des activités présentées par la direction provinciale, plusieurs axes figurent au programme d’entretien des routes de desserte agricole pour 2025, avec un financement annoncé du Fonds national d’entretien routier (FONER).

Dans le territoire de Lubudi, les axes Lukenji-Kalupeta-Mukabe, long de 50 kilomètres, et RN1-Mukabe-Kanfwa, sur 64 kilomètres, sont notamment cités.

Dans le territoire de Mutshatsha, les itinéraires Mwanza Mpango-Lualaba Mupanja, Mutoshi-Mpwene-Tende-Nzilo et Mutshatsha-Mafunga représentent respectivement 15, 22 et 59 kilomètres.

Le territoire de Dilolo compte également plusieurs axes retenus, dont Kawayongo-Namwana, sur 65 kilomètres, Mangoa-Mwatshisenge, sur 18 kilomètres, Dilolo Gare-Aéroport Tshitshimba, sur 12 kilomètres, Dilolo Poste-Samboma, sur 15 kilomètres, et Dilolo Poste-Sakambundji-Safuji, sur 34 kilomètres.

Selon les longueurs communiquées, ces dix itinéraires totalisent 354 kilomètres.

À ces axes s’ajoutent les routes Divuma-Kisenge, dans le territoire de Dilolo, et Cité Kapanga-Mpand Kalend, dans le territoire de Kapanga, mentionnées au titre du Plan d’engagement budgétaire de 2021.

Ces données illustrent l’étendue des besoins en matière d’entretien et de réhabilitation. Elles doivent néanmoins être distinguées des résultats physiques effectivement obtenus : le nombre de kilomètres programmés ne correspond pas nécessairement au nombre de kilomètres dont les travaux sont achevés et réceptionnés.

Au-delà du bitume, un enjeu de sécurité alimentaire

L’entretien des routes de desserte agricole constitue un investissement dans toute la chaîne de valeur agricole.

Lorsqu’un axe est praticable, les producteurs peuvent plus facilement acheminer leurs récoltes vers les centres de consommation.

Les commerçants accèdent plus aisément aux zones de production, tandis que les agriculteurs peuvent bénéficier de meilleures conditions d’approvisionnement en intrants.

À l’inverse, les routes dégradées peuvent compliquer les déplacements, augmenter les délais de transport et exposer les produits périssables à des pertes.

L’amélioration du réseau rural peut ainsi contribuer à soutenir les revenus agricoles, à faciliter l’accès aux services sociaux de base et à renforcer la sécurité alimentaire.

Pour le Lualaba, l’enjeu consiste à mieux connecter les espaces de production aux circuits commerciaux, afin que les efforts consentis par les cultivateurs puissent se traduire en débouchés économiques plus accessibles.

Une expertise technique à mobiliser au service des partenaires

Au-delà de l’entretien routier, la direction provinciale affirme disposer de compétences en matière d’études de faisabilité, d’élaboration de devis quantitatifs et d’accompagnement technique des projets d’infrastructures.

Elle met également en avant sa capacité à encadrer les travaux selon plusieurs approches : le cantonnage manuel, fondé sur la méthode de la Haute Intensité de main-d’œuvre (HIMO), les interventions semi-mécanisées et les travaux mécanisés.

Cette expertise pourrait constituer un appui pour les autorités provinciales, les entités territoriales décentralisées et les organismes chargés de projets d’infrastructures.

L’accompagnement technique, la formation pratique et le suivi des chantiers représentent, dans cette perspective, des moyens de renforcer la qualité des interventions et de promouvoir des standards adaptés aux routes en terre.

La valorisation de ces compétences suppose toutefois que les partenariats soient accompagnés de moyens opérationnels suffisants et d’une planification cohérente des interventions.

Le défi des moyens : transformer les ambitions en résultats

Si les perspectives affichées témoignent d’une volonté d’action, la direction provinciale reconnaît faire face à plusieurs difficultés.

Le manque de locaux adaptés, l’insuffisance des véhicules de service, l’absence d’engins de chantier, les contraintes de fonctionnement et l’irrégularité des financements figurent parmi les obstacles évoqués par son responsable.

La situation de certains nouveaux agents, qui attendent leur mécanisation, est également mentionnée.

Ces contraintes mettent en évidence un enjeu central : la capacité d’une institution technique à remplir ses missions dépend non seulement de ses compétences, mais également de la disponibilité des ressources humaines, financières et matérielles nécessaires à ses interventions.

Dans ce contexte, le directeur provincial sollicite l’accompagnement du gouvernement central, du gouvernement provincial du Lualaba et des partenaires techniques et financiers.

L’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles de l’OVDA et de lui permettre d’intervenir de manière plus régulière sur les axes prioritaires.

Pour les responsables publics et les partenaires, la question est donc celle de l’adéquation entre les besoins du réseau routier rural, les ressources mobilisées et les résultats attendus sur le terrain.

420 kilomètres en perspective pour 2026-2027

Pour la fin de l’année 2026 et l’année 2027, la direction provinciale annonce plusieurs priorités.

La première porte sur l’entretien d’environ 420 kilomètres de routes de desserte agricole, avec l’appui financier attendu du FONER.

La deuxième concerne la formation et l’installation des Comités locaux d’entretien et de réhabilitation des routes (CLER) sur les axes retenus.

Ces structures sont appelées à encourager l’implication des communautés dans la préservation des infrastructures et à favoriser une culture de responsabilité collective autour du patrimoine routier.

La direction prévoit également de poursuivre les démarches en vue de la réhabilitation, par cantonnage manuel, des axes proposés au gouvernement provincial.

Elle envisage enfin l’élaboration d’un projet d’études accompagné d’une cartographie des routes prioritaires du Lualaba.

La réalisation de ces objectifs dépendra notamment de la disponibilité des financements, de la mobilisation des moyens techniques et de la coordination entre les différents acteurs concernés.

Le linéaire annoncé de 420 kilomètres constitue ainsi un objectif à suivre, dont l’évaluation devra s’appuyer sur des indicateurs concrets : les financements effectivement mobilisés, les travaux engagés, les kilomètres traités et l’état des routes après intervention.

Les communautés, actrices de la durabilité

Pour l’OVDA, la pérennisation des infrastructures routières passe également par l’implication des bénéficiaires.

Les cultivateurs, les coopératives agricoles, les autorités locales, la société civile et les médias peuvent contribuer à identifier les axes prioritaires, à signaler les dégradations et à sensibiliser les usagers aux bonnes pratiques.

La mise en place des CLER s’inscrit dans cette démarche participative.

Leur efficacité dépendra cependant de leur formation, de leur organisation, de la disponibilité des moyens nécessaires à leurs activités et de la clarté de leurs responsabilités.

L’entretien des routes ne saurait donc se limiter à une intervention ponctuelle : il nécessite un suivi régulier, une planification et une collaboration durable entre les institutions et les communautés.

Une ambition qui appelle des résultats mesurables

À travers sa direction provinciale, l’OVDA entend apporter une contribution technique au développement des infrastructures rurales du Lualaba.

L’expérience de son responsable, les axes annoncés dans les programmes d’entretien et les perspectives pour 2026-2027 témoignent des possibilités d’intervention dans un secteur essentiel à la production agricole.

Mais le véritable indicateur de réussite sera la capacité à transformer les programmes en routes effectivement entretenues, accessibles et durables.

Pour les producteurs, l’amélioration du réseau devra se traduire par des déplacements plus faciles et un accès plus fiable aux marchés.

Pour les autorités, elle devra permettre de mieux relier les territoires et de soutenir le développement économique local.

Pour les partenaires, elle nécessitera une programmation transparente, des mécanismes de suivi et une évaluation des résultats.

Le directeur provincial, l’ingénieur MAKASA MUTANGA Taty-Ruben, réaffirme la disponibilité de son équipe à accompagner les initiatives de développement des infrastructures socio-économiques de base.

Il salue également la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que les orientations de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, avant d’adresser ses remerciements aux responsables nationaux de l’OVDA.

Au Lualaba, l’enjeu est désormais de faire des voies de desserte agricole un lien durable entre les producteurs, les marchés et les opportunités de développement.

Car derrière chaque route rurale entretenue se joue aussi une partie de l’avenir agricole et économique de la province.

Trésor Kabulo Tk@

Le Tonnerre

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